Deliveroo ou Uber Eats : c'est souvent la première question d'un restaurateur qui se lance en livraison — et elle revient au moment de s'étendre. Après 15 879 commandes pilotées et près de 500 000 € de ventes suivies pour nos restaurants clients, voici un comparatif honnête : commissions, visibilité, back-office, clientèles… et surtout le seul critère qui devrait trancher, votre marge par commande.
1. La réponse courte, si vous n'avez que 30 secondes
Commencez par vérifier qui livre réellement dans votre zone, en ouvrant les deux applications en mode client depuis l'adresse du restaurant. Dans beaucoup de villes moyennes, une seule plateforme opère sérieusement — et la question se règle d'elle-même. Là où les deux sont présentes, notre recommandation issue du terrain : démarrez sur une seule, optimisez la fiche jusqu'à ce qu'elle tourne (note, photos, temps de préparation, classement), puis ajoutez la seconde. Sur les zones que nous pilotons, Uber Eats concentre l'essentiel du volume de commandes — c'est d'ailleurs notre spécialité — mais un centre-ville dense à clientèle de bureaux peut raconter l'histoire inverse.
2. Commissions : ce que chaque plateforme prélève
Les deux plateformes fonctionnent sur le même principe : une commission en pourcentage du panier, plus élevée quand la livraison est assurée par leurs coursiers, plus basse en retrait ou avec vos propres livreurs.
Chez Uber Eats, la grille tarifaire officielle décline plusieurs formules selon les services inclus (visibilité dans l'application, livraison par coursiers Uber, retrait). Chez Deliveroo, les offres s'appellent Core, Marketplace+ et Editions (portail partenaires officiel) : la grille précise n'est pas publiée. Dans les deux cas, le taux est fixé selon plusieurs critères — type de contrat, livraison par leurs coursiers ou par les vôtres, localisation, nombre d'établissements. Retenez l'ordre de grandeur : pour une livraison assurée par la plateforme, la commission se situe généralement entre 25 et 35 % du montant de la commande, chez l'une comme chez l'autre.
S'ajoute un point que beaucoup de restaurateurs découvrent sur leur premier relevé : la commission s'entend hors taxes, et la plateforme y applique une TVA de 20 %, le taux normal (articles 278-0 bis à 279 bis du Code général des impôts). Si votre restaurant est assujetti à la TVA, cette TVA sur commission est déductible : elle pèse sur votre trésorerie, pas sur votre résultat. Si vous êtes en franchise de TVA (micro-entreprise), elle s'ajoute réellement au coût : une commission affichée à 30 % vous coûte alors 36 % TTC. Dans tous les cas, le seul taux qui compte est celui de VOS relevés de versement.
Et la vérité qui dérange : l'écart de commission entre les deux plateformes est rarement ce qui décide de votre rentabilité. Ce qui la fait ou la défait, ce sont vos prix de carte, vos promotions et votre panier moyen. Nous l'avons détaillé chiffres à l'appui dans notre article sur la commission Uber Eats et la vraie marge.
3. Le seul calcul qui compte : la marge par commande
Quelle que soit la plateforme, l'équation est la même : panier moyen − commission − promotions − matière première − emballage = ce qui vous reste. Sur nos restaurants pilotés, le panier moyen constaté va de 31,40 € à 33,60 € (mesuré dans Uber Eats Manager sur 12 mois) — et à panier équivalent, quelques points de promotions mal ciblées pèsent plus lourd qu'un écart de commission entre plateformes.
Avant de choisir un logo, posez vos chiffres : notre simulateur de rentabilité fait le calcul en 30 secondes, et le calculateur de prix de carte vous donne le prix à afficher en livraison pour préserver votre marge — le réglage que la plupart des cartes n'ont pas, sur aucune des deux plateformes.

4. Zones et clientèles : le match est local, pas national
Le « match national » Deliveroo contre Uber Eats n'existe pas : il n'y a que des matchs locaux. Couverture, densité de livreurs et type de clientèle varient d'une ville à l'autre, parfois d'un quartier à l'autre. Trois vérifications concrètes avant de signer : d'abord la couverture réelle — ouvrez les deux applications en mode client, à l'adresse du restaurant, un vendredi à 19 h 30, et comparez le nombre de restaurants visibles et les délais annoncés. Ensuite la concurrence locale — regardez qui occupe le haut du classement dans votre catégorie sur chaque application. Enfin votre type de cuisine — pizza, burger ou poké voyagent bien et performent partout ; une cuisine fragile au transport demandera plus de soin d'emballage, quel que soit le logo sur le sac.
5. Visibilité : où est-il plus facile d'émerger ?
Les deux algorithmes valorisent les mêmes fondamentaux : une note élevée, un taux d'acceptation solide, des temps de préparation fiables et une fiche complète. Autrement dit, un restaurant bien réglé émerge sur les deux ; un restaurant mal réglé s'enterre sur les deux. Sur la partie photos, notre mesure est sans appel : passer de 14 % à 100 % de plats photographiés a produit +18 % de panier moyen sur les restaurants concernés — un levier valable sur n'importe quelle plateforme.
Côté publicité, Uber Eats propose ses annonces sponsorisées (Uber Ads), Deliveroo ses outils marketing accessibles depuis le Hub. Notre position ne change pas d'une plateforme à l'autre : la publicité amplifie ce qui existe. Payer pour envoyer du trafic vers une fiche mal optimisée, c'est payer pour aggraver le problème.
6. Back-office : Uber Eats Manager contre Deliveroo Restaurant Hub
Uber Eats fournit Uber Eats Manager, dont nous avons publié le guide complet : ventes, commandes, avis, versements, exports. Deliveroo propose l'équivalent avec son Restaurant Hub, accessible depuis le portail partenaires : suivi des commandes, performances, promotions.
Pour un restaurateur indépendant, l'égalité fonctionnelle est quasi totale. La vraie différence ne se joue pas entre les deux outils, mais entre les restaurateurs qui les ouvrent chaque semaine et ceux qui ne les ouvrent jamais : les chiffres à surveiller sont les mêmes — et ils sont là, gratuitement.
7. Ce que disent nos chiffres — et leur limite
Transparence totale : nos données portent sur Uber Eats, notre spécialité. Sur 12 mois et 4 établissements : 15 879 commandes traitées, près de 500 000 € de ventes suivies, une meilleure progression mesurée jusqu'à +325 % (Restaurant A), +131 % sur un établissement déjà actif, et deux lancements multipliés par 7,3 et 11,8. Nous n'avons pas d'échantillon comparable côté Deliveroo, et nous préférons vous le dire : méfiez-vous de quiconque promet un comparatif « scientifique » des deux plateformes sans données mesurées. Les seuls chiffres qui vaudront pour vous seront les vôtres, sur votre zone.

8. Faut-il être sur les deux plateformes ?
À terme, souvent oui : les audiences ne se recouvrent que partiellement, et une panne ou une suspension sur l'une ne doit pas éteindre votre activité. Mais chaque plateforme supplémentaire a un coût opérationnel réel : une tablette de plus au pass, des cartes à synchroniser, des promotions à piloter en double et des temps de préparation à tenir aux heures de pointe.
Notre règle issue du terrain : n'ajoutez la seconde plateforme que lorsque la première tourne — note au-dessus de 4,5, fiche complète, marge par commande saine. Dupliquer une configuration défaillante, c'est doubler les pertes, pas les ventes. C'est exactement l'ordre de marche que nous appliquons en pilotage à la performance.
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Demander mon audit gratuit9. Questions fréquentes
Deliveroo ou Uber Eats : qui prend la plus grosse commission ?
Ni l'un ni l'autre de façon systématique : les commissions varient selon la formule choisie et les services inclus, généralement entre 25 et 35 % du montant de la commande en livraison. Comparez les grilles officielles (Uber Eats, Deliveroo) sur votre configuration réelle — livraison par coursiers ou retrait — plutôt que des pourcentages entendus de bouche à oreille.
Peut-on négocier sa commission ?
Les marges de négociation d'un indépendant sont limitées. Les vrais leviers sont ailleurs : choisir la formule adaptée à votre volume, calibrer vos prix pour la livraison et remplacer les remises générales par des promotions ciblées.
Que choisir dans une petite ville ?
Vérifiez d'abord la couverture réelle en mode client. Hors des grandes agglomérations, une seule plateforme domine souvent la zone — c'est elle qu'il faut optimiser en priorité.
Faut-il afficher les mêmes prix sur les deux plateformes ?
La cohérence entre plateformes est recommandée, mais le vrai sujet est la majoration par rapport à la salle : sans elle, la commission érode fortement la marge. Notre calculateur de prix chiffre le bon niveau pour votre carte.
Combien de temps pour juger un test ?
Comptez 60 à 90 jours avec une fiche réellement optimisée. Tester une plateforme avec des photos absentes et un menu mal structuré, ce n'est pas tester la plateforme : c'est tester une mauvaise configuration.
10. Conclusion : choisissez avec vos chiffres, pas avec les logos
Deliveroo et Uber Eats sont deux canaux sérieux, aux mécaniques proches et aux commissions comparables. La rentabilité ne se joue pas dans le choix du logo : elle se joue dans votre zone de chalandise, vos prix pensés pour la livraison, vos photos, vos promotions et la régularité de votre exploitation — tout ce qui fait réellement monter les ventes, sur l'une comme sur l'autre.
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