Une promotion Uber Eats ne coûte jamais seulement le prix de la remise. Elle coûte la remise, plus un frais par commande que la plateforme ne publie nulle part, et elle change la base sur laquelle la commission se calcule. Après 12 mois de pilotage de quatre restaurants et 15 879 commandes suivies, voici ce qu'une offre coûte réellement, ligne par ligne, et les trois mécaniques qui rapportent encore une fois tout déduit.
1. Les 8 types d'offres disponibles en France
Le catalogue s'ouvre dans Uber Eats Manager, onglet Marketing, puis Offres. Huit mécaniques y sont proposées aux restaurants français en 2026 :
- Un acheté = un offert, que la plateforme signale comme le type aux ventes les plus élevées.
- Pourcentage économisé sur les articles, présenté comme l'offre favorite des clients.
- Pourcentage économisé sur la commande, avec un seuil de déclenchement (par exemple 20 % dès 20 €).
- Montant d'économies à partir d'un seuil (par exemple 5 € dès 20 €).
- Article offert avec la commande.
- Un acheté = un autre article offert, pour associer deux produits (des frites avec un burger).
- Livraison offerte.
- Offres Éclair, limitées à une plage horaire. C'est l'outil le plus méconnu du lot, et nous y revenons en détail plus bas.
Deux réglages accompagnent chaque offre : un budget maximum avec arrêt automatique quand il est atteint, et un ciblage limité à deux choix, tous les clients de votre zone ou uniquement ceux qui n'ont jamais commandé chez vous. Ce second choix change tout, nous y revenons en section 6.
Une précision qui évite une déception : la formule d'abonnement conditionne l'accès. La formule la moins chère ne donne pas accès aux promotions. La formule la plus complète ouvre au contraire un cofinancement partiel de vos offres et de vos annonces par Uber, dans une limite mensuelle. Vérifiez votre formule avant de bâtir un plan promotionnel.
2. Ce qu'une offre coûte vraiment : trois lignes, pas une
La plupart des restaurateurs raisonnent comme ceci : « je donne 20 %, ça me coûte 20 % ». C'est faux, et l'écart se voit sur le relevé hebdomadaire. Une commande promue produit trois lignes distinctes.
| La ligne | Ce que c'est | Qui la paie |
|---|---|---|
| Offres sur les articles | La valeur de la remise que vous accordez, TVA comprise | Vous, sauf cofinancement |
| Frais d'utilisation de l'offre | Un forfait par commande contenant une offre, en plus de la remise | Vous, toujours |
| Frais de service Marketplace | La commission, calculée sur le montant après remise | Vous |
La deuxième ligne est celle que personne ne voit venir. Elle mérite sa propre section.
3. Le frais d'utilisation de l'offre : la ligne qu'Uber ne publie nulle part
Le fait, mesuré sur nos relevés : chaque commande contenant une offre utilisée déclenche un frais forfaitaire, facturé en plus du coût de la remise. Il est dû une seule fois par commande, même si plusieurs offres s'appliquent, et il vaut aussi bien en livraison qu'en retrait.
Ce frais n'est affiché nulle part dans la documentation publique. Il apparaît à un seul endroit : l'écran de création de l'offre dans le Manager, en petits caractères sous le type d'offre choisi. La seule référence publique que nous ayons trouvée dans le monde concerne le Canada.
Son montant dépend de votre Score de réussite
C'est le point que nous n'avons vu écrit nulle part ailleurs, et il change la stratégie. Le montant du frais n'est pas fixe : il baisse quand votre Score de réussite monte.
| Niveau de Score de réussite | Frais par commande promue |
|---|---|
| Bon | 0,80 € TTC |
| Très bon | 0,54 € TTC |
| Excellent | 0 € |
Ce que ça veut dire pour vous : deux restaurants qui lancent exactement la même offre ne la paient pas le même prix. Celui dont le Score de réussite est au niveau Excellent ne paie rien du tout. Sur 100 commandes promues par mois, l'écart entre le niveau Bon et le niveau Excellent est de 80 € par mois, sans qu'une seule ligne de votre menu ait changé.
Le Score de réussite se pilote dans Uber Eats Manager, écran Performances puis Réussite. Il agrège votre fiabilité opérationnelle, votre menu et votre note. Le travailler ne sert pas qu'à la visibilité : il réduit directement le coût de vos promotions.

4. La bonne nouvelle : la commission se calcule après la remise
Voici le point où la documentation se contredit d'un pays à l'autre, et où beaucoup de restaurateurs français se trompent. Une page d'aide américaine indique que la commission se calcule sur le montant avant remise. En France, c'est l'inverse, et nous l'avons vérifié commande par commande.
Sur une commande en 1 acheté 1 offert affichée à 23,80 € et payée 11,90 €, les frais de service relevés étaient de 4,28 €. Soit exactement 36,0 % de 11,90 €, c'est-à-dire le taux contractuel de 30 % hors taxes appliqué au montant réellement payé. Sur une commande sans offre du même restaurant, le même taux s'applique au prix plein. Le résultat est sans ambiguïté : le plat offert ne génère aucune commission.
Cette lecture est conforme aux conditions générales françaises, qui prévoient des frais calculés sur le prix réduit lorsqu'une offre réduit le prix. Si un interlocuteur vous affirme le contraire, la vérification prend deux minutes : ouvrez une commande promue dans le Manager et lisez la ligne de frais.
Pour comprendre comment cette commission se combine avec le reste de vos coûts, notre guide de la commission Uber Eats et de votre vraie marge déroule le calcul complet.
5. Le calcul complet d'un 1 acheté 1 offert
Prenons la mécanique la plus spectaculaire et la plus redoutée. Un client commande deux pizzas, il en paie une. Voici ce qui se passe réellement dans vos comptes.
- Le coût matière de la pizza offerte : vous la produisez, elle vous coûte son prix de revient. Comptez environ 3 € sur une pizza.
- Le frais d'utilisation de l'offre : 0,80 € TTC au niveau Bon, 0,54 € au niveau Très bon, 0 € au niveau Excellent.
- La commission : elle ne porte que sur ce que le client a payé. Vous ne payez pas de commission sur le plat offert.
Le résultat : sur une carte aux prix corrects, la commande en 1 acheté 1 offert se situe autour du point mort. Elle ne détruit pas de trésorerie, mais elle rapporte plusieurs euros de moins qu'une commande au tarif plein du même panier.
La conclusion pratique est nette : le 1 acheté 1 offert est un outil d'acquisition, jamais un générateur de marge. Il sert à faire entrer un client qui ne vous connaît pas. S'il sert à faire commander un habitué qui aurait commandé de toute façon, il vous coûte de l'argent sans rien créer.
Pour chiffrer cela sur vos propres prix, notre simulateur de rentabilité Uber Eats fait le calcul en trois minutes, et notre calculateur de prix de menu vous dit si votre carte supporte une remise de cette profondeur.
6. Les trois mécaniques qui rapportent, et les trois qui coûtent
Sur douze mois de données, la même hiérarchie revient. Elle tient à un principe simple : une bonne promotion augmente le panier ou fait entrer un nouveau client. Une mauvaise promotion offre une remise à quelqu'un qui allait commander de toute façon.
Les trois qui rapportent
- Le 1 acheté 1 offert ciblé nouveaux clients uniquement. Le ciblage supprime la cannibalisation par construction : seul quelqu'un qui n'a jamais commandé chez vous peut en profiter. C'est le seul cadre dans lequel cette mécanique est défendable.
- La remise à seuil, du type 20 % dès 20 €, calibrée juste au-dessus de votre panier moyen. Elle ne récompense pas la commande habituelle, elle pousse la commande suivante vers le haut.
- L'article offert à partir d'un montant élevé, par exemple à partir de 35 €. Le coût est celui d'un seul produit, choisi par vous, et il enclenche une logique de constitution de panier.
Les trois qui coûtent
- Le pourcentage sur toute la carte, sans seuil ni ciblage. Vous payez la remise, le frais d'offre, et vous n'obtenez ni panier plus gros ni client nouveau.
- La livraison offerte sans seuil. Elle est financée par vous, et elle attire surtout les petits paniers, ceux dont la marge supporte le moins un coût fixe supplémentaire.
- La promotion permanente. Au bout de quelques semaines, le prix promotionnel devient le prix de référence dans la tête du client. Vous ne pouvez plus revenir en arrière sans perdre des commandes, et vous avez payé un frais d'offre sur chacune d'elles entre-temps.
7. Les Offres Éclair : l'outil anti-creux que personne n'utilise
Parmi les huit mécaniques, une seule se règle sur une plage horaire : les Offres Éclair. Vous choisissez une fenêtre, par exemple de 14 h à 17 h, et l'offre ne s'applique que là.
C'est la seule mécanique qui répond à un vrai problème de restaurant : le creux. Une cuisine allumée entre deux services coûte de l'argent qu'aucune commande ne rembourse. Une remise ciblée sur ces heures-là ne prend rien à votre service du soir, puisqu'elle n'existe plus quand le soir arrive.
Le calcul est différent de celui d'une promotion classique. Sur un service plein, une remise vient réduire une marge qui existait déjà. Sur un creux, elle crée une commande qui n'aurait pas existé. Tant que le prix payé couvre la matière, le frais d'offre et la commission, la commande est bonne à prendre.
8. Le ciblage nouveaux clients : le réglage qui change tout
Deux choix seulement vous sont offerts au moment du ciblage : tous les clients de votre zone, ou uniquement ceux qui n'ont jamais commandé chez vous.
Le second supprime mathématiquement la cannibalisation. Votre habitué du vendredi soir ne peut pas utiliser l'offre. Vous ne payez donc ni remise ni frais d'offre sur une commande qui serait tombée de toute façon. Toute commande promue devient, par construction, une acquisition.
C'est ce qui rend une mécanique agressive acceptable. Un 1 acheté 1 offert ouvert à tous coûte cher pour un résultat incertain. Le même, réservé aux nouveaux clients, est un coût d'acquisition que vous pouvez comparer à ce que vous coûterait le même client par la publicité.
9. Offres ou publicité : par quoi commencer
Les annonces sponsorisées et les offres sont deux leviers différents. Les annonces achètent de la visibilité, elles se facturent au clic, et leur budget se règle à la semaine avec une mise en pause automatique quand il est épuisé. Les offres, elles, achètent une décision au moment où le client hésite.
L'ordre qui fonctionne : une fiche qui convertit d'abord, les offres ensuite, la publicité en dernier. Payer pour amener du trafic vers une fiche sans photos, c'est acheter des visiteurs qui repartent. Notre guide sur les photos Uber Eats qui font cliquer et celui sur l'algorithme Uber Eats traitent cette première étape.
Un dernier point de vigilance sur la facturation : les dépenses publicitaires sont déduites de votre versement la semaine qui suit les clics, ce qui décale toujours ce que vous voyez dans le tableau de bord de campagne et ce que vous lisez sur le relevé. Les contestations de facturation se font sous quatorze jours.
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10. Questions fréquentes
Une promotion Uber Eats est-elle financée par la plateforme ?
Par défaut, non : la remise est à votre charge. Un cofinancement partiel existe sur la formule d'abonnement la plus complète, dans une limite mensuelle, et sur certaines opérations nationales auxquelles Uber invite les restaurants. Le frais d'utilisation de l'offre, lui, reste dû même sur la part cofinancée.
La commission s'applique-t-elle sur le prix avant ou après la remise ?
Après, en France. Nous l'avons vérifié commande par commande : les frais de service correspondent au taux contractuel appliqué au montant réellement payé par le client. Une page d'aide américaine dit l'inverse, elle ne s'applique pas au marché français.
Combien coûte le frais d'utilisation de l'offre ?
Il dépend de votre Score de réussite et du type d'offre. Sur nos relevés, il vaut 0,80 € TTC par commande promue au niveau Bon, 0,54 € au niveau Très bon, et disparaît au niveau Excellent. Le montant exact du type d'offre que vous préparez s'affiche dans l'assistant de création, au moment de la configuration.
Puis-je arrêter une offre en cours ?
Le budget maximum que vous fixez à la création arrête l'offre automatiquement quand il est atteint. C'est le garde-fou à poser systématiquement, avant même de choisir la mécanique.
Quelle promotion pour un restaurant qui démarre sur Uber Eats ?
Une offre ciblée nouveaux clients uniquement, avec un budget plafonné, et seulement une fois que la fiche est complète : photos sur tous les plats, descriptions travaillées, horaires justes. Une promotion sur une fiche incomplète achète des visiteurs qui ne commandent pas. Les étapes d'un lancement propre sont détaillées dans notre guide pour vendre sur Uber Eats.
Les offres font-elles monter mon restaurant dans les résultats ?
Les promotions font partie des critères de classement annoncés par la plateforme, au même titre que la pertinence, la popularité et la fiabilité opérationnelle. Elles ne remplacent cependant ni une note correcte ni un taux d'acceptation propre, qui pèsent davantage dans la durée.
Pour conclure : une promotion se décide avec une calculatrice
Les promotions Uber Eats ne sont ni un piège ni une baguette magique. Elles sont un achat : vous achetez une commande, et le prix de cet achat, c'est la remise plus le frais d'offre. Tant que vous savez ce que cet achat vous rapporte, une promo bien ciblée est un excellent investissement. Dès que vous l'ignorez, elle devient une fuite silencieuse qui se répète à chaque commande.
Trois réflexes suffisent à rester du bon côté. Lire le frais d'utilisation affiché avant de valider l'offre. Cibler les nouveaux clients dès que la mécanique est profonde. Et travailler votre Score de réussite, qui fait baisser le coût de toutes vos promotions à la fois.
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